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path: root/content/Informatique/2008-09-15-fail2ban.rst
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diff --git a/content/Informatique/2008-09-15-fail2ban.rst b/content/Informatique/2008-09-15-fail2ban.rst
new file mode 100644
index 0000000..cee3534
--- /dev/null
+++ b/content/Informatique/2008-09-15-fail2ban.rst
@@ -0,0 +1,192 @@
+.. -*- mode: rst -*-
+.. -*- coding: utf-8 -*-
+
+Une gestion avancée de fail2ban
+-------------------------------
+
+:date: 2008/09/15
+:tags: Libre, Hébergement, Administration
+
+Beaucoup d'articles sont déjà parus sur l'utilisation de fail2ban pour
+protéger son ordinateur. Je vais parler ici d'une utilisation avancée de
+fail2ban, couplé avec le pare-feu iptables dans le but de faire plein de
+joli de choses avec ceux qui tentent d'accéder à nos Pcs !
+
+Pour rappel, fail2ban permet de bloquer certaines IPs en fonction de ce
+que les logs renvoient comme messages. Il est possible de déterminer les
+ports sur lesquels les IPs seront bloquées et la durée du blocage. En ce
+qui concerne les filtres qui déclencheront ou non le blocage, cela se
+base sur des regex, et on peut déterminer le nombre de tentatives avant
+qu'un blocage ne soit appliqué.
+
+Dans l'esprit du projet, fail2ban empêche les attaques par force brute,
+mais nous allons voir qu'il est tout à fait possible de l'utiliser dans
+d'autres fins.
+
+Créer de nouvelles règles de filtrage
+~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
+
+Dans un premier temps, nous allons mettre en place une nouvelle règle de
+blocage pour, par exemple, bloquer les IPs en fonction des codes
+d'erreurs d'apache.
+
+Mettre en place une nouvelle règle se fait de manière très simple, il
+suffit de créer un fichier contenant la regex à appliquer, et de mettre
+une référence vers ce fichier dans la configuration de fail2ban.
+
+Dans notre cas, pour bloquer les IPs ayant générés une erreur 403 ou une
+erreur 401 dans apache, notre regex se présentera ainsi :
+
+::
+
+ failregex = :80 .* ".*" 403 = :80 .* ".*" 401
+
+(Celle-ci est bien sûr à adapter en fonction de la manière dont vous
+affichez vos logs de connexions.)
+
+Dans le fichier de configuration de fail2ban (/etc/fail2ban/jail.conf),
+nous allons demander la lecture de ce fichier en indiquant quelques
+paramètres supplémentaires :
+
+::
+
+ [apache-block]
+ enabled = true #Oui on active
+ port = http #On ne bloque que le port 80
+ filter = apache-block # le nom du fichier que l'on a créé juste avant
+ action = %(action_)s
+ logpath = /tmp/log/apache/access.log
+ maxretry = 1 #Nombre de tentatives
+ banaction = iptables-redirect # L'action à appliquer sur l'IP
+ bantime = 3600 # Le temps pendant lequel l'ip sera bannie.
+
+
+Créer de nouvelles actions
+~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
+
+Une fois que fail2ban aura lancé une procédure de blocage sur une
+connexion, il va lancer un script contenant les actions à réaliser sur
+cette IP. D'habitude ce script contient une règle iptables qui bloque
+l'adresse, et une autre règle qui supprime ce blocage.
+
+Nous allons maintenant jouer avec iptables pour réaliser quelques
+effets intéressant avec nos IPs à bannir :
+
+Relancer la durée du blocage
+++++++++++++++++++++++++++++
+
+Par défaut, fail2ban retire le blocage sur l'IP une fois que la durée
+spécifiée est écoulée. Je trouve ceci limité car cela n'empêche pas
+l'attaquant de continuer ses attaques et se retrouver prêt à refaire une
+attaque dès que cette durée est écoulée. De plus, cela peut donner une
+information sur la durée pendant laquelle nous filtrons son adresse.
+
+Iptables propose un module, modrecent, permettant de bloquer une IP
+pendant une durée déterminée, et de réinitialiser cette durée si jamais
+une nouvelle connexion venait à être réalisée durant cette période.
+
+Pour ceci nous allons devoir une règle iptables, en dehors de fail2ban,
+qui consistera à bloquer une IP pendant telle période :
+
+Dans fail2ban, nous allons créer un nouveau fichier action, qui se
+présentera comme suit :
+
+.. code-block:: bash
+
+ #On crée une nouvelle table
+ actionstart = iptables -N fail2ban-<name>
+ iptables -A fail2ban-<name> -j DROP
+ #On insère une nouvelle règle qui met à jour le compteur à chaques nouvelles tentatives tant que le délai n'est pas écoulé
+ iptables -I INPUT -p <protocol> -m multiport --dports <port> -m recent --update --seconds 360000 --name fail2ban-- -j fail2ban-<name>
+
+ actionstop = iptables -D INPUT -p <protocol> -m multiport --dports <port> -m recent --update --seconds 360000 --name fail2ban-- -j fail2ban-<name>
+ iptables -F fail2ban-<name>
+ iptables -X fail2ban-<name>
+
+ # Pour bannir une IP, il suffit de l'écrire dans le fichier de configuration de mod-recent
+ actionban = echo +<ip> > /proc/net/xt_recent/fail2ban-<name>
+
+ # On ne retire pas de l'unban, cela se fera tout seul une fois que l'attaquant aura terminé de se connecter
+ actionunban =
+
+Il nous suffit de l'enregister dans le fichier `/etc/fail2ban/action.d/iptables-recent.conf`
+
+Si l'on veut bloquer une ip manuellement, il suffit d'éxécuter la dernière
+ligne, à savoir
+
+.. code-block:: console
+
+ # echo +${IP} > /proc/net/xt_recent/fail2ban-<name>
+
+Mettre un message d'alerte
+++++++++++++++++++++++++++
+
+On peut décider d'annoncer à notre utilisateur bloqué que nous avons
+banni son IP. Cela peut être utile si nous avons mis en place des règles
+de filtrage très strictes et qu'un utilisateur peut se retrouver bloqué
+sans avoir tenté la moindre intrusion (mieux vaut être trop prudent que
+pas assez)
+
+Pour cela, nous allons avoir besoin d'un service qui consistera à
+afficher le texte sur demande. Hors de question de demander ça à apache
+ou autre serveur web, nous allons mettre en place notre propre serveur
+web, qui présentera une page statique, toujours identique.
+
+Socat et tout désigné pour cela. Dans notre exemple nous allons le
+faire tourner en tant que serveur, sur un port ouvert, et avec des
+droits limités. Notre règle iptables consistera juste à rediriger les
+connexions entrantes sur le port 80 vers le port où l'on fait tourner
+socat.
+
+.. code-block:: bash
+
+ sudo -u nobody socat tcp4-listen:6666,reuseaddr,fork exec:"cat /etc/apache2/banned.html" &
+
+et la règle iptables à mettre en place :
+
+.. code-block:: bash
+
+ #On crée la règle sur la table de préroutage :
+ actionstart = iptables -t nat -N fail2ban-<name>
+ iptables -t nat -A fail2ban-<name> -j RETURN
+ iptables -t nat -I PREROUTING -p <protocol> -m multiport --dports <port>-j fail2ban-<name>
+
+ iptables -N fail2ban-<name>
+ iptables -A fail2ban-<name> -j RETURN
+ iptables -I INPUT -p <protocol> -m multiport --dports <port> -j fail2ban-<name>
+
+et pour lancer l'action, là encore, on simule une perte de paquet pour
+ralentir le temps d'affichage de la page
+
+.. code-block:: bash
+
+ actionban = iptables -t nat -I fail2ban-<name> 1 -s -p tcp -m multiport --dports <port> -m statistic --mode nth --every 3 -j REDIRECT --to-port 6666
+ iptables -I fail2ban-<name> 1 -s -j DROP
+
+Les règles d'unban et de stop se font en symetrique de ban et start, en
+supprimant des règles crées.
+
+
+Utiliser les nouvelles règles
+~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
+
+Cela se fait simplement en utilisant les nouveaux noms de fichier à la place
+des anciens. Dans le fichier `/etc/fail2ban/jail.conf`, il suffit d'utiliser la
+directive :
+
+.. code-block:: bash
+
+ banaction = iptables-recent
+
+pour utiliser les nouvelles directives à la action de filtrage.
+
+Voilà, cela permet de mettre en place une sécurité personnalisée et
+adaptée, qui sort déjà des outils et configuration standards (ce qui
+est toujours une bonne chose en matière de sécurité). Les exemples que
+j'ai donnés ne sont que des suggestions, et il est possible de faire beaucoup
+d'autres choses avec un peu d'imaginations. Je vous renvoie au manuel
+d'iptables qui présente la liste de tous les modules existants, et de
+regarder un peu les paramètres disponibles parmi les fichiers de
+configuration de fail2ban. Mon seul regret est qu'à ce jour, ce
+programme ne gère pas encore les Ip en v6, mais ça n'est - pour
+l'instant - pas encore critique..